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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 15:00

Révisé le7 février 2014 -271'000 pages vues et 135'000 visiteurs depuis novembre 2005 

  

Medaille-or-Sevil-DuVallon---2011.jpgMédaille  d'or au Concours de dégustation des Absinthiades de Pontarlier le 2 octobre 2011 pour notre absinthe Sevil  

Après 2 cuillères aux mêmes Absinthiades en vignette bronze absinthiades Pontarlier 2010octobre 2010: du bronze pour la Blandine et la Veuve Verte       

   medaille-dor2009.jpgLe 26 septembre 2009 l'absinthe DuVallon Classique avait gagné une médaille d'or au Concours des produits du terroir à Courtemelon/Delémont,en Suisse.

Commentaire du jury: Bien équilibrée. Produit fin, intense dans la bouche. Laisse un bon goût. Typique d'une bonne absinthe. Bravo !

Voir ici: Absinthiades 2010 et 2011 à Pontarlier: 3 cuillères pour DuVallon

 

L'absinthe DuVallon est distillée légalement,avec des plants d'absinthe cultivés au Val-de-Travers (Jura neuchâtelois suisse).

Elle est  forte en bouche, parfumée et douce sur la langue.
Taux de thuyone des dernières distillations avec des plantes
de la récolte de juillet 2009: environ 30 mg/kg d'absinthe
et 15 mg/kg de fenchone.

Les absinthe DuVallon sont distillées
selon une tradition familiale
datant de 1951.  

La Veuve Verte

Colorée et parfumée avec une macération de petite absinthe,
plus d'autres plantes (hysope, mélisse, etc.).
Se boit avec un petit sucre fondu par un filet
d'eau fraîche sur une cuillère à absinthe.
La nouvelle formule titre à 69% vol.

 

 

 

 

  sevil-copie-1.jpgSevil – Love letter 

Nouvelle absinthe, légère en anis et fenouil, mais puissante en grande absinthe. Elle titre à 65% vol. Le parfum délicat de l'absinthe est capturé avec de l'alcool de vin qui donne de la rondeur et du velouté. Cet extrait est ensuite assemblé avec une base d'absinthe neutre. L'absinthe Sevil (sevil signifie « amour » en langue turque) est apprécié des femmes car elle est douce et peu anisée.

Très bonne critique sur le forumn Wormwoood Society 

 

 

 

Analyses thuyone et fenchone novembre 2010 

En haut: DuVallon classique 53% vol - lot 08092010

En bas: Veuve Verte (colorée sur base Blandine), 69% vol, - lot 05102010

analyse-sept-octobre-2010.jpg

 

Renseignements et tarifs:

Cliquez sur l'étiquette ci-dessous:

Promis: vous ne serez pas inondés
de publicités envahissantes.

L'absinthe est vendue uniquement à des adultes.
 

 

Vente en Suisse:
Au Grain d'Orge à Neuchâtel

Rue des Moulins 11


tél. +41 32 725 32 52

 

En Suisse alémanique
A Soleure, très belle ville, dégustation dans un bar extraordinaire
qui propose les absinthes d'une douzaine de distillateurs du Val-de-Travers.

L'entrée du bar, près de la cathédrale.
 

Superbe visite du bar avec des images animées: 

http://www.touchtown.ch/Solothurn/Die_gruene_Fee/

 


Déguster notre absinthe?

A la Golée, célèbre bar
au coeur d'Auvernier

 link
 

***

A Neuchâtel

Au Chauffage compris

Bar café restaurant recommandé par le Routard 2012 

chauffage-compris.jpg

Cliquez sur l'adresse ci-dessous pour voir le site du bar-restaurant

Rue des Moulins 37 - 2000 Neuchâtel - 032 721 43 96

 

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Published by Jaquet Charrère
2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 21:32

2 octobre 2013
Robert Contesse était contre
la prohibition de l'absinthe en 1907

Robert Contesse, Conseiller fédéral (ministre) suisse en 1907, natif de Neuchâtel, était opposé à l'interdiction de l'absinthe qui fut acceptée par le pays en votation (Initiative des femmes abstintentes soutenue par les vignerons en sous-main...) en juillet 1908. Tous les cantons acceptèrent l'interdiction de l'absinthe, sauf Neuchâtel et Genève !

Auparavant, Robert Contesse (directeur des finances, donc aussi patron de la Régie fédérale des alcools) s'était exprimé à Fleurier et La Feuille d'Avis de Neuchâtel, qui fête ses 250 ans aujourd'hui 2 octobre 2013, reproduit son discours.
C'est édifiant et donne à réfléchir sur la campagne anti-cigarettes, anti-alcool et autres américonneries politiquement correctes  de notre époque. 

Robert Contesse ministre suisse et l absinthe en 1907

(Extrait de l'Express - Feuille d'Avis de Neuchâtel - 2 octobre 2013)

Rappel historique:

Le 5 juillet 1908, le peuple adoptait l'initiative par 241'078 voix contre 138'669. Seuls Neuchâtel et Genève refusèrent d'enterrer la fée verte.

L'entrée en vigueur de l'interdiction date du 7 octobre 1910. Elle est alors inscrite dans la Constitution, article 32 ter: «la fabrication, l'importation, le transport, la vente, et la détention pour la vente de l'absinthe et de toutes ses imitations est interdite». On note qu'il est quand même permis de la boire, si on en trouve...

Si elle se livra par la suite à la chasse aux distillateurs clandestins, la Régie fédérale des alcools n'était pas favorable à l'interdiction: «Selon toutes probabilités, d'autres boissons viendront remplacer l'alcool prohibé [sans] parler de la fraude, tant fabrication clandestine que contrebande  illicite».

Un peu comme le cannabis ?

  Lire aussi:

 

http://www.absinthe-duvallon.com/article-cent-d-interdiction-de-l-absinthe-en-suisse-58370256.html

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Published by Jaquet Charrère
3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 16:35

Révisé le 11 janvier 2010
Les plus célèbres distillateurs
du Val-de-Travers étaient des femmes...

La naissance de l'absithe doit tout à une femme: la mère Henriod de Couvet. Mais si l'absinthe n'est pas morte pendant la prohition, elle le doit encore à des femmes, dont les plus connues sont la tante de mon père, la Malotte, des Bayards, la Calote de Couvet, et la Marta, ma mère. Souvent, c'est les femmes des clandestins qui s'occupaient de la distillation. Leurs maris, ou compagnons, avaient tendance à boire les bénéfices, quand ils ne rentraient par exténués du boulot. On travaillait alors 45 à 50 heures par semaine en Suisse. Les femmes étaient très occupées à la maison, mais elles pouvaient surveiller la cuite...

Au Val-de-Travers, tous le gens vous diront que l'absinthe est le fruit (défendu) de leurs entrailles. Une certaine dame Henriod, mi-sorcière, mi-guérisseuse, aurait commencé la distillation à la fin du XVIIIe siècle  Couvet. A Pontarlier on vous certifie au contraire qu'un médecin français réfugié au Val-de-Travers, le Dr Ordinaire (!), aurait inventé la recette pour soigner ses malades. Car l'absinthe fut un médicament avant de devenir un apéritif chargé de malédiction.

Pour la Mère Henriod, on lira l'enquête menée par Jacques Kaeslin à Couvet.

La mère Henriod et les distillateurs de Couvet

Charlotte Vaucher dite "calote"  distillait aussi de l'absinthe à Couvet. C'est avec sa recette que Claude-Alain Bugon a remporté des cuillères d'or aux Absinthiades de Pontarlier, avec la Clandestine.  Quant à la Malotte des Bayards, tante de mon père, elle distillait encore dans sa cuisine à plus de 80 ans. Après un retentissant procès, en 1957, Berthe Zurbuchen, c'est son nom, fut condamnée à 15 000 francs suisses d'amende. A la suite d'une campagne en sa faveur dans l'opinion et la presse, l'amende fût ramenée à 3 000 francs suisses par le Tribunal fédéral - maximum pour une infaction à la Loi fédérale sur l'absinthe.

Elle eut bien d'autres démêlés avec la Régie, notamment en 1961, lorsqu'on assista à une véritable razzia de la part des inspecteurs qui mirent la main au col de cygne de 65 «clandestins» du Vallon.

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La Malotte dans sa cuisine en 1965, 4 ans avant sa mort. (Collection famille Bourquin - Zurbuchen)

Pourquoi le sobriquet la Malotte ? Parce que son mari ratait les soupes à la farine au café des Parcs. Elles faisaient des grumauds, des boules de farine. Des malots, comme on dit en Suisse. C'est ainsi qu'on le surnomma le Malot et que sa femme devint la Malotte...

Dans son café des Parcs, près des Bayards/Val-de-Travers, les inspecteurs faisaient de nombreux contrôles anonymes pour se procurer l'apéritif interdit. Ce fut le cas de l'inspecteur Margot de la Régie fédérale des alcools qui vint acheter une bouteille deBleue à l'emporter. La Malotte l'avait repéré. L'inspecteur reçut son litre emballée dans un papier de journal, le paya une coquette somme et fila au laboratoire cantonal de Neuchâtel pour faire analyser l'absinthe. Le lendemain, il reçut l'attestation qui mentionnait «eau de citerne » !

La Malotte était la dernière fabricante d’absinthe à ne vivre pratiquement que du produit de sa vente. Mais rendue craintive par les diverses sommations dont elle fut l'objet, elle ne se livra plus qu'à des échanges de bons procédés : le client apportait deux litres d'alcool et il recevait deux litres d'absinthe qui titrait, paraît-il, à 58 degrés. Cette femme du folklore bayardin s'éteignit le 6 juin 1969, à l'âge de 88 ans, ayant toute sa vie joué au chat et à la souris avec la Régie fédérale des alcools. Lors d'un procès au Tribunal de police du Val-de-Travers, elle aurait dit au juge au moment du verdict: "Je vous paie tout de suite ou bien quand vous viendrez chercher vos bouteilles?".
Lire aussi: La Malotte, une femme courageuse
http://www.absinthe-duvallon.com/article-la-malote-une-femme-courageuse-46282460.html

La Marta, personnage
de l'absinthe à Fleurier

Récit recueilli par la fée Mélusine:
Ici, au Val-de-Travers, nous avons beaucoup souffert des inspecteurs de la "Régie" (fédérale des alcools) venus de Berne, la capitale. Sur dénonciation ou, plus sûrement, en se basant sur les enquêtes dans le terrain, ils arrivaient, en général, le lundi vers 6/7 heures du matin. Ils encerclaient la maison avec le secours de la police cantonale et repartaient avec l'alambic dans le coffre de leur voiture.
Dans la famille Charrère - Zurbuchen, on commença à distiller en 1951 à la naissance du premier enfant. Cette activité devait permettre de faire bouillir la marmite, ou de nouer les deux bouts, expressions désuètes, mais qui avaient du sens du temps où la Suisse n'était pas aussi opulente qu'aujourd'hui.
La concurrence était rude à Fleurier qui comptait de nombreux clandestins. Le père remplissait un cabas avec des petites bouteilles, allait fraper aux portes des maisons, et vantait les qualité de son absinthe: "C'est de la bonne, goûtez, vous savez où me trouver".

Pere-de-Jean-Jacques-copie-1.jpg
Roger Zurbuchen, neveu de la Malotte,
compagnon de Marta Charrère.
1960 à Fleurier. Archives Télévision suisse romande.
Pour la première cuite, dans un alambic fabriqué par Matthey-Claudet, ferblantier et patron de Roland Thonney, alors apprenti dans son atelier de Môtiers, la mère s'était réfugiée au galetas où l'on stockait le bois de chauffage pour l'hiver: "Il va péter ton machin; j'ai peur !".

alambic-de-mes-parents.jpg
L'alambic de la Marta et du Roger. Exposé à al Maison des Mascarons de Môteirs en juillet 1979.

Le machin n'explosa pas. L'absinthe était bonne. Le père la goûtait et la re-goûtait. "Il boit les bénéfices", disait la mère qui s'appropria le machin à faire l'absinthe et ne le lâcha plus pendant 40 ans !
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Marta Charrère dans les années 1960
Trois descentes de la Régie pendant ces quatre décenies. La première se passa un matin de 1965. Le père était déjà parti au boulot. On cogne à la porte. Prudence. Derrière le rideau, les deux gamins découvrent des voitures noires, des hommes en manteau de cuir noir, coiffés de chapeaux noirs. C'est les inspecteurs de la Régie de Berne ! Associés à la police du canton. Un des gosses passe par les toits, et se laisse glisser vers la porte du garage où est planqué l'alambic. Il faut donner un double tour avec la clé et partir en courant. Las, un inspecteur le voit et le poursuit. Il ne l'attrapera pas, mais le père, qu'on est allé chercher à son boulot entre deux gendarmes, assistera à l'ouverture de la porte du garage par un serrurier.
 

Les inspecteurs fouilleront toute la maison, trouveront un entonnoir et un pèse-alcool, cuisineront pendant des heures le père, qui rentrera tard le soir en avouant à la famille l'inavouable: je dois leur donner l'alambic, sinon ils me mettent en taule...
Le lendemain du deuil, un vieil habitant de Fleurier, arriva avec une remorque accrochée derrière son vélomoteur. Sous un sac en jute se trouvait un alambic tout brillant dans le soleil d'octobre. Le vieux aurait dit: "Vous êtes à la peine, je vous l'offre; je ne l'utilise plus". Le soir même, la maison sentait à nouveau l'anis, le fenouil, l'hysope, la badiane, la petite et la grande absinthe, la menthe, et la mélisse. Un fil d'argent sortait de l'alambic. La mère  eut un sourire devant mon effarement: "Il faut bien payer l'amende". 

La seconde descente de la Régie se déroulera quelques années plus tard (1970). Pour distiller, il faut de l'alcool de bouche. Les boulangers peuvent (pouvaient ?) en acheter. La Régie, étonnée par les quantités importantes que commande un boulanger de Travers pour faire ses... babas au rhum, soumet ledit boulanger à la question. Il se dégonfle après quelques heures d'interrogatoire en donnant la liste de ses clients. Heureusement, un policier lance un coup de fil bref à la mère: "Attention, ils arrivent !".
Elle aura juste le temps de remplir le coffre de la voiture avec l'alambic et tout le matériel, tonneau compris, avant qu'ils n'arrivent. Elle les croisera même sur le chemin menant à la maison, leur faisant poliment signe de passer, tout en maintenant d'une main le col de cygne de l'alambic qui allait tomber du siège arrière...  Mon père, ce héros, et parfait menteur s'en tira en expliquant qu'il faisait le commerce d'absinthe, mais ne distillait pas...
(voir procès en janvier 1971).

mon-pere-au-tribunal-en-janvier-1971.jpg

 

 
2009-11-07-alambic-dans-le-coffre.jpg
Archives télévision suisse romande, tirée du reportage sur l'absinthe au Val-de-Travers en 1961

La troisième et dernière descente de police se déroule dans les années 1980, c'était du sérieux. Il y avait 3 inspecteurs en civil et 6 gendarmes. Ils nous ont présenté un mandat de perquisition. La maison a été fouillée. Ca sentait l'anis, mais tous les objets du culte de ma cousine la fée verte avaient disparu. La mère avait entendu le coup de sonnette tôt le matin, Méfiante, elle avait caché deux cartons de douze litres sous un tas de draps de lit qui séchaient dans la cave.
De guerre lassse, elle ouvrit finalement la porte: c'était bien les inspecteurs ! Ils entrèrent dans la cave, constatèrent la présence du tonneau qui servait à remplir les bouteilles. Enervée, la mère lança un litre d'absinthe sur le sol pour le casser: "celui-là, vous ne l'aurez pas !". Mais le litre ne se cassa pas: il retomba sur le soulier d'un inspecteur qui doit encore s'en souvenir...
La sorcière septuagnénaire qui distillait ses philtres fut interrogée longuement au poste de police du village. Elle avoua après cinq heures d'interrogatoire. Et, le coeur brisé,  elle apporta la cucurbite le lendemain dans sa vieille "Ford fiesta". Un alambic fabriqué par l'artiste du cuivre, Roland Thonney, de Môtiers.

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Roland Thonney, fabricant d'alambics, avec son petit-fils.

Tout savoir sur Roland Thoney, célèbre fabricant d'alambics:
http://www.absinthe-duvallon.com/article-2658716.html

Son procès ne fut pas à l'honneur de la "Régie": une vieille dame au minimum AVS (soit 900 fr. de retraite en 1982) condamnée à 2500 francs d'amende et huit jours de prison avec sursis. Elle n'avait avoué que mille litres d'absinthe par année. C'était au-dessous de la réalité, mais pas très au-dessus. Comme pour la vente de drogue, on pouvait lui réclamer au moins 40 francs de "dévolution" sur les gains illicites réalisés sur chacun des mille litres, soit 40'000 francs. Pourtant, en achetant l'alcool légalement au Discount Denner de Fleurier, elle avait déjà payé les droits de monopole, soit 29 fr par litre.
Elle échappa à ce couperet grâce à l'empathie d'un juge humain, Bernard Schneider, qui la réconforta en fin d'audience: "Madame, ne vous en faites pas: une condamnation pour l'absinthe, c'est une carte de visite au Val-de-Travers"...

Lire le compte-rendu du tribunal paru dans l'Impartial de la Chaux-de-Fonds le 16 septembre 1986

Article - «Elle était bonne, mon absinthe» Article - «Elle était bonne, mon absinthe»


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Années 1950 à Fleurier. Avec mon père et ma mère.
Distillation à la cave dont on voit la fenêtre derrière le coude de mon père...

Le 1er mars 2005, la distillation d'absithe a été dépénalisée, décriminalisée, en clair: autorisée. Mais sans la Malotte, la Marta, la Calotte, et tous les autres clandestins du Val-de-Travers, le savoir-faire aurait été perdu. C'est grâce à elles et à eux que l'absinthe suisse est la meilleure du monde. Avec celle de Guy de Pontarlier, quand il pourra enfin ajouter du fenouil à sa cuite, ce fenouil qui fait la rondeur, le gras, et le blanc d'un apéritif authentique, toujours distillé artisanalement.
Les nostalgiques de la clandestinité, du parfum du fruit défendu, de l'authenticité, souvent issus de la gauche caviar, feraient bien se remettre en question. La vie des clandestins - des petites gens - fut difficile, pour les gosses aussi, moqués à l'école. Et aucun de ces beaux esprits n'assista aux procès des clandestins en 1983. Aucun ne proposa de les soutenir en leur offrant - on peut rêver -  un avocat pour les défendre. Dans dix ans, on ne parlera plus d'absinthe au Val-de-Travers, proclamait l'un de ces nostalgiques, lors de la libéralisation de l'absinthe le 1er mars 2005.
Rendez-vous en mars 2015.


Voir ici un extrait du reportage pour la TV romande des frères Goretta au Val-de-Travers, après la grande râfle de 1961. On y voit une femme caresser le cuivre de son alambic qui va disparaître. Et mon père, cheveux blanc, vanter les vertus de l'absinthe pour soigner la crève. Grand menteur...

http://archives.tsr.ch/player/insolite-valtravers

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Jaquet Charrère - dans Histoire et personnages de l'absinthe
2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 16:13

2.08.2013

Trois recours contre la protection de l'absinthe rejetés

Le Tribunal administratif fédéral (TAF) a rejeté trois premiers recours déposés contre l'enregistrement de l'"Absinthe", la "Fée verte" et "La Bleue" comme indications géographiques protégées (IGP). La bataille judiciaire n'est toutefois de loin pas terminée

 

Le TAF doit encore se prononcer sur onze recours. Il tranchera à cette occasion la question de savoir si les trois indications litigieuses peuvent être confirmées en tant qu'IGP, comme le demande l'Association interprofessionnelle de l'Absinthe.

En rendant ses trois premiers arrêts, tombés vendredi, le TAF déboute la Confédération européenne des Producteurs de Spiritueux, la Fédération Française des Spiritueux et la distillerie Les Fils d'Emile Pernot. Il estime qu'aucun de ces trois recourants n'a qualité pour former opposition à la décision d'enregistrement des IGP par l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG) en mars 2010.

Histoire "confisquée"

Dès l'annonce de la décision de l'OFAG, les producteurs de spiritueux français et européens avaient recouru. Ils affirment qu'ils ne laisseront pas l'absinthe "être confisquée en dépit de son histoire". L'absinthe est avant tout le nom d'une plante utilisée parmi d'autres, pour l'élaboration de la boisson du même nom.

Selon eux, ce terme générique ne sert en aucun cas à désigner un produit exclusivement originaire du Val-de-Travers. Les opposants font valoir que, si le TAF confirme la décision d'enregistrement de l'IGP, il sera impossible aux producteurs français, européens ou même suisses externes au Val-de-Travers de commercialiser de l'absinthe non seulement sur le territoire suisse, mais aussi sur le territoire de tout pays ayant reconnu l'IGP helvétique.

Le TAF n'est pas l'ultime autorité de recours. Il ne fait pas de doute qu'en cas d'échec devant les juges de Saint-Gall, certains recourants n'hésiteront pas à soumettre le litige au Tribunal fédéral.

(source: ats)

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Published by Jaquet Charrère
16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 15:08

16/06/2013

Pierre Ordinaire – la légende ne fait plus foi

  Déserteur de l'armée française, soit-disant médecin-chirgurgien et inventeur de l'absinthe sous forme de remède, la légende du Dr Ordinaire en prend un coup après les recherches historiques approfondies de Michel Kreis, Jacques Grandjean et Jacques Kaeslin.

L’histoire de l’extrait d’absinthe repose sur une bonne part de légende, notamment au sujet des personnes qui sont à l’origine du breuvage. Si le seul fait incontestable, du moins pas remis en cause jusqu’ici, de cette légende est bien la naissance au Val-de-Travers de cette boisson apéritive, les personnages qui y sont associés font l’objet de polémiques, parfois virulentes. Nombre d’écrits de toute nature ont raconté les débuts de l’absinthe, en se nourrissant d’éléments d’information glanés de-ci de-là, sans apport de documents anciens à même d’étayer leur contenu.

Parmi ces personnages, il en est un qui suscite une multitude d’interrogations et qui alimente, de façon récurrente, les théories sur les origines de l’extrait d’absinthe. Il s’agit de Pierre Ordinaire, né le 11 septembre 1741 à Quingey, bourg situé dans le département du Doubs, où ses parents auraient été fermiers ou journaliers.

Selon la légende, Pierre Ordinaire était médecin et chirurgien, ayant trouvé refuge au Val-de-Travers, persécuté qu’il aurait été en France pour des raisons politiques et/ou religieuses. Il aurait apporté dans ses bagages une recette pour produire de l’extrait d’absinthe, dispensant généreusement l’élixir à ses patients, auprès desquels il se rendait en chevauchant son petit cheval nommé Roquette.

 

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Dessin tiré de L'Absinthe, Art et Histoire, M.-C. Delahaye, paru en 1990, et reproduit avec son autorisation.

Les informations relatives à Pierre Ordinaire développées ci-après reposent sur des documents de l’époque qui proviennent des archives de la commune de Couvet et des archives de l’État de Neuchâtel, endroits où tout un chacun peut les consulter. La découverte récente d’autres documents, jusqu’ici totalement ignorés, permettent d’apporter un éclairage nouveau sur la personne de Pierre Ordinaire. Rappelons d’abord les faits déjà connus.

Le 21 août 1768, l’assemblée de la communauté de Couvet adopta la résolution qui avait été prise avec les communautés de Môtiers, Boveresse et Fleurier afin de trouver un médecin-chirurgien pour les quatre communes, auquel une pension de cent livres faibles serait allouée, à raison d’un quart du montant chacune. S’il réside à Couvet, il lui sera alloué à proportion des communiers.

Répondant à cet « appel d’offres », Pierre Ordinaire s’est présenté à Couvet. Voici ce que dit textuellement le procès-verbal de l’assemblée du 8 septembre 1768 :

« Le sieur Ordinaire s’étant présenté à Monsieur Perrelet pour subir l’examen requis pour sa réception en ce lieu, au moyen de deux louis neufs de pension et M. Perrelet ayant requis l’honorable communauté de se déclarer sur la nature de l’examen qu’elle demandait, il a été dit qu’en présentant ses lettres d’apprentissage et de conduite, il est reçu pour une année sans autre examen. »

Trois jours plus tard, l’assemblée de commune est à nouveau réunie pour rendre sa décision sur la candidature du médecin français François Joseph Deleschaux. Au procès-verbal figure ce qui suit :

« Le sieur Deleschaux de Besançon ayant présenté ses actes de maîtrise pour être reçu médecin et chirurgien de ce lieu, il a été dit unanimement qu’il est reçu en cette qualité, mais toutefois sous la réserve que, si le sieur Ordinaire reçu le 8 de ce mois, présente ses lettres d’apprentissage et de maîtrise, on reconfirmera sa réception. »

Le Dr Deleschaux ne resta pas à Couvet, comme on le verra ci-après. Il s’installa à Neuchâtel en qualité de médecin de Sa Majesté, habita au château. Il est décédé en 1819 au chef-lieu et son corps repose dans l’ancien cimetière du Landeron, village où il a été reçu bourgeois en 1815.

Un mariage et 7 enfants.

Désormais établi à Couvet où il habite dans l’immeuble de l’ancien Hôtel de l’Aigle, Pierre Ordinaire épouse, trois ans après son arrivée, Marie Henriette Petitpierre, fille du propriétaire de l’établissement. Le mariage a été célébré le 28 octobre 1771 au Russey, autre bourg du département du Doubs, à proximité de la frontière avec notre pays. Sept enfants sont nés de cette union, naissances à Quingey pour trois d’entre eux, les autres natifs de Couvet. L’aîné, Pierre Marie Joseph, né le 20 mars 1772 à Quingey, exerça comme médecin-major au sein du régiment des Gardes suisses,

Le lieu du mariage nous interpelle, dans la mesure où Pierre Ordinaire passait pour être persécuté dans son pays d’origine pour des motifs politiques ou religieux. Or, à cette époque, cette région de Franche-Comté, au demeurant très catholique, était en effervescence et les troubles y furent sévèrement réprimés. La raison du mariage en revanche se comprend plus aisément au regard de la naissance du premier enfant.

Peu respectueux des lois et coutumes

Installé à Couvet, où il ne rencontre aucune concurrence, Pierre Ordinaire ne fait pas l’unanimité. En effet, peu respectueux des lois et coutumes de l’époque et du lieu, il a été gagé plusieurs fois pour les motifs les plus divers, pour avoir hébergé un étranger ou ne pas avoir réparé sa cheminée, ou encore fauché du regain chez autrui. Bien que marié à la fille d’un notable de Couvet, la question de son éloignement du village a été évoquée en assemblée de communauté.

À la requête du Conseil d’État, Jacques Frédéric Martinet, capitaine et châtelain du Val-de-Travers, rédigea deux rapports, datés des 31 octobre 1768 et 18 février 1769. Huit pages sur lesquelles ce magistrat relate les informations qu’il a recueillies sur le compte de Pierre Ordinaire, notamment sur son arrivée dans notre pays

Ni le talent ni la conduite...

Ci-après, nous reproduisons textuellement de larges extraits de ces deux documents, en respectant l’orthographe et la syntaxe de l’auteur.

« …vous vous rappellerés sans doutte qu’un certain Pierre Ordinayre de Quingey et soy disant Maître Chirurgien et Medecin, présenta requette au Conseil pour en obtenir la permission d’exercer sa profession dans le Val-de-Travers, alleguant qu’on luy avoit offert une pension capable de l’y fixer pour un commencement et qu’il pourra produire des certificats de la Communauté de Couvet ou il fait sa residence ordinaire, sur laquelle requette ayant été delibéré le 11ème de ce mois, le Conseil luy accorda la permission d’exercer la Medecine et la Chirurgie au Val-de-Travers, tant et si longtems qu’il se comporterait bien et que je n’y trouverois aucun inconvenient…

je prendray la liberté de representer que ledit Ordinaire n’a n’y les talents n’y la conduitte requise pour meritter la faveur qu’on luy a accordé à la verité conditionnel-lement ; cet homme là sachant que la Communauté de Couvet cherchoit une personne qui entendit la Chirurgie et un peu la Medecine, vint s’y présenter, se vantant de connoitre l’une et l’autre, demandant simplement un logement ou deux Louis, et s’engageant de produire de bons certificats pour justifier qu’il avoit fait ses cours d’étude et subi ses examens à Besançon..

qu’on le recevroit en qualité de Chirurgien mais sous conditions qu’il luy produiroit les certificats en düe forme qu’il avoit ofert de se procurer et d’exhiber et qu’enfin, il subiroit, un examen sous les yeux et aupres de Mr le Medecin du Roy…

cependant il n’a satisfait n’y à l’un n’y à l’autre de ces egards et deux mois se sont ecoulés sans que Pierre Ordinaire ait fait à ces fins la plus petitte demarche…

comprenant bien, que non seullement il ne pourroit pas produire les certificats qu’on luy avoit demandé et qu’il etoit hors d’etat de subir un examen, il à le 11ème octobre présenté la requette dont j’ay parlé cy dessus, et laquelle contient bien des faits hasardés…

la Comunauté fit aviser ledit Ordinayre, afin, luy dit-on, que s’il vouloit aussi se fayre examiner il put descendre en ville, à tout quoi Ordinaire auroit repondu, qu’il avoit deja eté à Neufchatel et qu’il n’avoit rien a y fayre ; effectivement, il n’y a pas eté, mais le sieur Delechaux s’y est rendu…

d’un autre coté j’aprens que Pierre Ordinayre, qui s’est fait un party dans la Communauté en faisant boire quelques bouteilles de vin à droitte et à gauche, se croit ancré icy, et s’imagine que pour luy importe que je trouve qu’il y ait de l’inconvenient qu’il reste icy…

j’ay l’honneur de prier le Conseil de m’autoriser de fayre dire à Pierre Ordinaire, qu’il luy est defendu d’exercer soit Medecine soit Chirurgie dans la juridiction du Val-de-Travers, et qu’ainsy il ait a en sortir ; ce sera un grand bien pour ces quartiers…

d’abord se domicilier à Couvet, n’y aporta pour tout certificat, qu’une declaration que son frere avoit fait en presence d’un notayre de Pontarlier, par laquelle il afirmoit que son frere, qui est à Couvet, avoit fait un cours d’anatomie à Besançon sous un sieur Jussy, et avoit travaillé sous luy declarant pendant trois ans…

declaration contraire à toutte verité, ainsy qu’on le verra cy apres, puisqu’il a servy huit ans dans le Regiment de Metz immediattement devant le tems qu’il vint en 1767 à la Chaudefond…

que je recu une lettre du Grand Major du Regiment de Metz du Corps Royal d’artillerie en garnison à Auxonne, par laquelle il me marquoit, qu’ayant eté informé que Pierre Ordinayre qui avoit deserté le 20 juin 1767, demeuroit à Couvet, il me prioit de luy fayre oter l’uniforme du Regiment qu’il avoit sur le corps, et de le luy envoyer par le canal de Mr le Subdelegué Blondeau ; c’est ce que j’ay executté exactement…

c’est qu’en expulsant Ordinayre, il auroit eté fortement a craindre que ses partisans qui sont les dix neuf vingtiemes de la Communauté, et parmy lesquels il y a nombre de tetes chaudes, et d’autres qui ont en vue certaines personnes inconsiderement zelées pour Delechaux, ne se fussent portées à des violences et des excès contre ce dernier…

de sorte que l’on ne scauroit, à ce qu’il me paroit, rien fayre de mieux pour parer à tout inconvenient et prevenir des desordres, que de laisser subsister les permissions que le Gouvernement a acordé tant à Delechaux qu’à Ordinayre d’exercer l’un et l’autre leur profession dans le pays…

Médecin ou pas ? Déserteur ou pas ?

Un autre document, une lettre non datée, signée de dix notables du village, a été adressée au Conseil d’État. Les signataires expliquent la situation dans laquelle se trouve le village, lequel manque cruellement d’un médecin en raison du départ de M. Deleschaux et, « vu les craintes de leurs épouses de perdre un sujet dont la capacité est généralement reconnue », sollicitent l’autorité d’accorder l’autorisation d’exercer à Pierre Ordinaire.

Cette requête a été formulée dans le courant de janvier 1769, voire au tout début de février. On peut le déduire de la décision du Conseil d’État du 15 février 1769, où il est décrété que la requête des suppliants sera examinée après que le châtelain du Val-de-Travers aura fait son enquête pour déterminer s’il est vrai que Pierre Ordinaire soit déserteur de France.

En l’espace de quelque huit mois, de novembre 1768 à juin 1769, le Conseil d’État a traité du cas de Pierre Ordinaire à l’occasion de dix séances, ce qui nous donne une idée de l’importance accordée à cette affaire. Les relations qui en sont faites dans les manuels de cette autorité ne nous apportent cependant pas toutes les certitudes que l’on pourrait en attendre et sont même parfois contradictoires, en particulier sur la question de l’examen subi, ou non, par Pierre Ordinaire de ses capacités de médecin devant le médecin du roi à Neuchâtel.

Le 20 mars 1769, après avoir reçu le deuxième rapport du châtelain dont nous avons parlé, le Conseil d’État décréta « sur les avis que le Gouvernement a reçu que le nommé Pierre Ordinaire, soi-disant chirurgien domicilié à Couvet, était déserteur du Régiment de Metz Corps Royal d’artillerie en France, il est ordonné à M. Martinet, Conseiller d’État, Capitaine et Châtelain du Val-de-Travers, de lui faire signifier qu’il ait à sortir de cet État dans quinze jours à compter depuis le jour que la signification lui en aura été faite, faute de quoi et s’il vient à contrevenir au présent, il en devra être recherché et puni comme il convient. »

Expulsion reportée

Les communautés de Couvet, Môtiers, Boveresse, Fleurier et St-Sulpice ont demandé au Conseil d’État de surseoir à sa décision d’expulser Pierre Ordinaire, vu la confiance qu’il a acquise dans ces communautés et les soins désintéressés qu’il prodigue aux malades. Le Conseil d’État n’apprécie pas du tout cette démarche et le fait savoir. Il suspend néanmoins jusqu’à la fin du mois d’avril son ordre d’expulsion.

Finalement, en juin 1769, c’est le capitaine François Petitpierre, propriétaire de l’Hôtel de l’Aigle Noire, futur beau-père de Pierre Ordinaire, qui intervient auprès du Conseil d’État. Il présenta les documents attestant que le Roi de France avait accordé sa grâce à Pierre Ordinaire pour avoir déserté de ses armées, que la somme de 400 livres de France – prix de cette grâce royale – avait été payée par François Petitpierre. La mesure d’expulsion fut dès lors ramenée et Pierre Ordinaire autorisé à demeurer dans le pays tant et aussi longtemps qu’il se comportera bien.

Que retenir de ces informations nouvelles ? Les rapports du châtelain Martinet sont, à n’en point douter, le reflet des renseignements tels qu’il les a recueillis. Difficile de l’imaginer induire le Conseil d’État en erreur en l’informant faussement. Les détails relatifs à l’incorporation de Pierre Ordinaire au sein du Régiment Royal-Artillerie de Metz, stationné à Auxonne, lui ont été communiqués par le major de ce régiment, lequel précisait que le canonnier Ordinaire avait servi huit ans avant de déserter. On peut cependant s’interroger sur cette désertion.

Canonnier ou chirurgien ?

En effet, la période d’engagement dans ce corps d’armée français était de huit ans, et on peut fort bien imaginer que Pierre Ordinaire n’ait pas eu envie de « rempiler », quittant l’armée sans préavis ou sans respecter les règles, filant « à l’anglaise » avec son uniforme. Ce départ a très bien pu être qualifié de désertion par l’état-major.

Huit ans au sein de l’armée en qualité de canonnier, a-t-il dès lors eu la possibilité d’y suivre une formation de médecin et/ou de chirurgien de campagne ? Cela n’est pas impossible, mais peu probable. Pierre Ordinaire n’aurait pas eu besoin d’évoquer le cours d’anatomie du Dr Jussy qu’il aurait suivi durant trois années à Besançon et il n’aurait eu aucune appréhension à passer un « examen de capacité » à Neuchâtel.

L’incertitude demeure cependant quant à ses titres et qualités de médecin-chirurgien. D’un côté, il paraît avoir été apprécié pour ses compétences par une partie de la population, de l’autre, le Conseil d’État – au travers des mentions qu’il fait de ce cas dans ses manuels – n’est pas clair du tout sur l’examen par le Dr Dublé, médecin du Roi, et le Dr Perrelet des réelles compétences de Pierre Ordinaire. L’incertitude est encore de mise s’agissant de l’examen lui-même. En quoi a-t-il vraiment consisté ? En une simple présentation de ses « lettres d’apprentissage et de maîtrise » comme indiqué dans le procès-verbal de l’assemblée de communauté du 8 septembre 1768, ou d’autre chose ?

Apprenti chirurgien chez lui...

Nous avons tout lieu de penser que l’examen ne consistait de fait qu’en la capacité du requérant à produire un ou des documents attestant de ses qualités de médecin et chirurgien, que Pierre Ordinaire n’a pu présenter autre chose qu’une attestation de complaisance établie par son frère auprès d’un notaire de Pontarlier. D’où le conflit entre la Commune, le châtelain du Val-de-Travers et le Conseil d’État.

Notre sentiment à cet égard est conforté par deux attestations que Pierre Ordinaire a fait établir, les 30 décembre 1785 et 8 juin 1786, devant le notaire Henriod à Couvet au bénéfice des nommés François et Jean Ordinaire.

Ces actes notariés relatent « que le sieur François Ordinaire de Levier en Franche-Comté et baillage de Salins, a fait sous lui pendant l’espace de deux ans son apprentissage de chirurgie chez lui à Couvet ; pendant lequel temps il a soigné les malades et travaillé avec succès à nombre de cures difficiles, de manière à mériter l’approbation du sieur Pierre Ordinaire, chirurgien juré, ainsi que celle du public. »

« le sieur Pierre Ordinaire, chirurgien juré de la ville de Quingey en Franche-Comté, a dit et déclaré que le sieur Jean Ordinaire, chirurgien de Refange, baillage de Salins en Franche-Comté a fait sous lui pendant le courant d’une année un cours de botanique ainsi que de médecine et de chirurgie ; ayant pendant ce temps-là travaillé avec succès, au contentement du sieur Pierre Ordinaire, et d’autres intéressés, à diverses cures difficiles, de manière que, tant par son application, son assiduité, que par la régularité de ses mœurs, il a mérité toute sa confiance et le meilleur témoignage possible. »

Inconnu à la faculté de Besançon

De la sorte, Pierre Ordinaire faisait établir au bénéfice de parents, proches ou encore de connaissances, une attestation dont il avait lui-même bénéficié par l’entremise de son frère pour exercer à Couvet. Des recherches menées à Besançon n’ont pas permis de trouver la moindre trace d’un apprentissage ou d’études en faculté qu’il aurait suivis. En tout état de cause, il n’a pas suivi, trois ans durant, les cours du professeur bisontin Jacques Philippe Jussy.

Notre conviction que Pierre Ordinaire n’a pas suivi de formation académique en médecine et chirurgie se transforme en certitude après avoir consulté les archives militaires de France, conservées au Château de Vincennes, desquelles nous avons obtenu les informations suivantes.

 

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L’extrait ci-dessus est tiré du registre servant à l’enregistrement des noms des soldats qui composent le corps royal de l’artillerie en garnison à Metz. Il mentionne que Pierre Ordinaire, fils de Nicolas et de Suzanne née Fagnon, est natif de Quingey en Franche-Comté, qu’il est né en 1742. Suit son signalement sommaire et la date de son engagement en tant que canonnier-bombardier de 2e classe, le 19 février 1762, et ceci pour six ans. (Ce dernier point diffère des huit ans mentionnés par le châtelain du Val-de-Travers dans son rapport au Conseil d’État.)

Né le 11 septembre 1741, et non 1742, Pierre Ordinaire était âgé de vingt ans et cinq mois au moment de son enrôlement dans l’armée. Fils de fermiers ou journaliers, nous imaginons difficilement qu’il ait eu la possibilité de suivre une formation en médecine et chirurgie avant son entrée dans l’armée. Après l’avoir quittée, il est venu habiter à La Chaux-de-Fonds, où sa présence est attestée en novembre 1767 déjà.

S’il avait reçu une telle formation durant sa période au service du roi de France, il n’aurait certainement pas dû recourir aux bons offices de son frère pour obtenir une attestation devant notaire à Pontarlier pour justifier de ses qualités, et le major du régiment de Metz aurait mentionné, dans sa lettre au châtelain du Val-de-Travers, son statut de médecin militaire et non celui de canonnier.

 

© Michel Kreis – Jacques Grandjean – Jacques Kaeslin

Val-de-Travers en juin 2013

 

La légende colportée dans la plaquette du Centenaire de Pernod, à Pontarlier, en 1905.

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Note de DuVallon:

Quand Ordinaire s'installe à Couvet en 1768,  des publicités pour des potions à l'absinthe en vente chez les apothicaires ont déjà paru depuis une dizaine d'années.
Pour en savoir plus, lire cette page:

Origines de l'absinthe au Val-de-Travers

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Published by Jaquet Charrère
15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 10:46

Révisé le 15 juin 2013

Visiter une distillerie

Quelques distilleries du Val-de-Travers ouvrent leurs portes aux visiteurs. Profitez-en pour découvrir les procédés de fabrication de l'absinthe et acheter quelques litres à bon compte.

Certaines distillleries acceptent des groupes jusqu'à 20 personnes, d'autres jusqu'à cinquante. En général, la visite commence par un accueil du distillateur qui rappelle les origines de l'absinthe au Val-de-Travers, présente les plantes et ses alambics, puis fait goûter ses produits.

Les visiteurs qui n'aiment pas l'absinthe peuvent boire autre chose: du jus d'orange ou des sodas. Ceux qui prennent le volant ensuite doivent faire attention à leur taux d'alcoolémie: avec deux absinthes bien tassées, le 0,5 pour mille peut être atteint, voire dépassé. Heureusement, l'apéritif est souvent accompagné de feuilletés et autres biscuits salés.
Il est bienvenu d'acheter une ou deux bouteilles, des verres à absinthe, voire des cuillères ou du chocolat à l'absinthe lors de ces visites. En général, la visite est facturée 7 fr. par personne, soit moins de 5 euros.


Liste des distilleries qui accueillent des visiteurs sur réservation:

 

Absinthe Francis Martin à Boveresse

http://www.absinthe-originale.ch/home.html

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Distillerie La P'tite, Gaudentia et Jean-Michel Persoz
Rue Pierre-Dubied 3 (près de la gare RVT) 2108 Couvet

Tel: +41 (0)32 863 30 88

http://www.absinthelaptite.ch/132/Visites.html

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Claude-Alain Bugnon, Artemisia, à Couvet

http://www.absinthe-suisse.com/fr/webcam.html 

 

Distillerie du Val-de-Travers, à Môtiers, Christophe Racine

Droguiste de métier, il a ouvert son magasin et distillerie au printemps 2013 à la Grand'rue de Môtiers.

http://www.absinthemotiers.com/

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Les Artisans de l'absinthe à Fleurier, Alain Rey

http://www.absinthe-rey.ch/54/Fran%C3%A7ais/Visites.html

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François Bezençon, le "Père François" et son Elixir du pays des fées, à Môtiers, avec son incroyable musée de l'absinthe:

http://www.absintherie.ch/elixir_visites.htm   

 

 

  Absinthe "Celle à Guilloud", à Fleurier, magasin et distillerie:

  http://www.absinthecelleaguilloud.ch/index.php?option=com_frontpage&Itemid=1

 

 

Fin septembre 2010, à Soleure, Daniel Guilloud

a été couronné d'or. Nos félicitations.

 

diplome-guilloud.JPG

 

 

Distillerie Distab et l'Officine de verre à Couvet

Située à Couvet, Val-de-Travers, village où Pernod fit ses débuts, l’Officine de Verre est une cave étonnante. Allez découvrir le monde de l’absinthe et de la pharmacie. Vous pourrez également y déguster une absinthe authentique, originale et subtile, l’ABSINTHE 55°.

Grand Rue 9 / 2108 Couvet /+41 79 425 91 50

http://www.distab.ch/

 

Prospectus Office du tousime neuchâtelois: tout savoir sur l'absinthe.


http://ddata.over-blog.com/0/17/27/23/fichiers-pdf/distilleries-val-de-travers-2010.pdf 

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Published by Jaquet Charrère - dans Distilleries à visiter au Val-de-Travers
15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 09:13

L'absinthe au Val-de-Travers
les origines et les inconnu(e)s

 
Élixir aux origines mystérieuses, enrobé d'un halo diffus de crainte et d'amour aux parfums de misère ou d'euphorie, l'extrait d'absinthe ne laisse personne indifférent. Jacques Kaeslin et Michel Kreis lui ont consacré une nouvelle enquête. Confrontés à des textes qui relatent, avec plus ou moins d'imagination, les légendes racontant ses débuts, faites de personnages pittoresques ou affairistes, ils ont cherché à en savoir plus en consultat des masses de documents d'archives datant de l'époque de ses débuts présumés. 

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Michel Kreis et Jacques Kaeslin 

En préambule, les auteurs écrivent ceci:

"Ainsi, cette fameuse Mère Henriod, en qui l'on veut voir la première distillatrice, ne peut avoir été à l'origine du produit. Elle ne peut pas davantage correspondre à cette Demoiselle Henriod, détentrice d'une recette unique de la première heure. Quant à la Tante Suzon, autre bouilleuse de cru, elle reste mystérieuse, même si nous levons un coin du voile sur son identité.

Nombre de chroniqueurs et historiens font état de la naissance de l'extrait d'absinthe au Val-de-absinthe couverture.jpgTravers dans le dernier quart du 18e siècle. Documents à l'appui, nous montrons qu'il est apparu au plus tard en 1760 et que sa diffusion hors des frontières naturelles de la vallée s'est faite des années avant l'entrée en lice du major Dubied.

La lecture de la presse régionale de l'époque nous confirme ce qui précède et nous en donnons quelques extraits. Nous apportons un autre regard sur les distillateurs d'absinthe des premiers temps, au travers des recensements de la population des villages de la vallée.

Nous évoquons, village par village, nombre de distillateurs oubliés, ceux dont on a perdu la trace parce qu'ils n'ont pas prospéré à l'égal des quelques ténors, ou qui n'ont fait qu'un bref passage dans la distillation de l'absinthe.

Après un chapitre consacré aux divers aspects de la production d'absinthe au 19e siècle au Val-de-Travers, nous proposons une interprétation particulière du succès rapide que remporta l'extrait d'absinthe au temps de la Révolution française, le rôle qu'il a sans doute occupé dans le commerce triangulaire exercé par les marchands s'adonnant à la traite des esclaves.

Nous avons résolu quelques énigmes, découvert un grand nombre de personnes et de faits qui, à leur tour, engendrent d'autres questions encore sans réponse. Notre démarche remet en cause le rôle attribué jusqu'ici au major Dubied dans l'histoire de l'extrait d'absinthe"


Prix du livre CHF 32.- ou € 26.50, plus frais d'expédition.

Renseignements et commandes: info@absinthe-suisse.com

 


 


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Published by Jaquet Charrère - dans Origines de l'absinthe
13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 17:03

13 juin 2013

Jean-Mi est parti au pays de la potion magique

Distillateur d'absinthe, éditeur d'étiquettes et de t-shirts dédiés à la fée verte ventriloque et poète à ses heures, Jean-Mi a été victime d'une crise cardiaque quelques jours avant la fête de l'absinthe de Boveresse où il avait vécu avant de s'établir à Travers.

JM-Monnet-portrait.jpg

C'était un personnage truculent, grande gueule mais coeur tendre, caché dans une épaisse carapace. La décriminalisation de l'absinthe ne l'avait pas rendu heureux: "Maintenant que c'est autorisé, j'ai moins de plaisir à distiller". Il était persuadé que les auteurs d'Astérix et Obélix faisaient référence à la fée verte avec la potion magique du druide...

16 druide

Il enchantait en hiver les scènes des salles de spectacles du Val-de-Travers avec ses marionnettes qu'il faisait parler - oui, cet homme qui avait du ventre était devenu ventriloque. Il publiait des étiquettes pour l'absinthe, imprimait des T-Shirt à la gloire de la Fée verte, et vendait sans doute en douce des litres de clandestine, la sienne.

Sa glorification poétique de l'absithe lui avait valu des poursuites pénales par la Régie fédérale des alcools. Il avait finalement été acquitté après un procès épique. Il  nous quitte en ce printemps très pluvieux, pour aller en troubler une dans les nuages.

Adieu Jean-Mi.Ton ampleur nous manquera.

Site de Jean-Mi toujours en service en ce mois de juin 2013:

http://www.jean-mi.li/index.html

 

JM-Monnet-libere---04-2012.jpg

 

Mauler produit des vins mousseux au Prieuré de Môtiers. La législation pour les vins est différente de celle des spiritueux. En Suisse, la promotion des spiritueux avec des petits cadeaux est interdite. Il n'est pas possible de tenir un stand dans la rue pour vendre de l'absinthe. Par contre, on peut la servir au verre, diluée... Avec, encore, l'interdiction de donner un catalogue des produits et une liste de prix.

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Published by Jaquet Charrère - dans Histoire et personnages de l'absinthe
27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 18:35

Article révisé le 6 janvier 2010

Alambic et distillation:

résumé de la loi en France


La législation sur la distillation est assez mal connue en France. Il y a beaucoup de préjugés et de confusion. Voici quelques éléments de réponse (cela ne concerne pas les distilleries professionnelles, car elles ont une réglementation différente). Résumé rédigé par Gilbert PAINBLANC dont les coordonnées sont indiquées en pied de page. Il distille les fruits de son verger dans un bel alambic en cuivre chauffé au bois, qui appartient à la commune.

 


Différence entre bouilleur de cru professionnel et privilège de bouilleur de cru.

Le bouilleur de cru professionnel possède un alambic (déclaré aux douanes bien entendu) et distille les fruits des gens. C'est sa profession. Les gens paient des taxes et paient aussi son savoir faire. L'alambic se déplace de village en village. Cela se fait couramment en Auvergne, dans les Pays de Savoie, un peu dans le Jura.


Le privilège de bouilleur de cru

C'est un privilège que certaines personnes possèdent. Ils ne paient pas les 1000 premiers degrés d'alcool produit annuellement (ceux qui n'ont pas le privilège paient ces 1000 premiers degré à moitié prix) . Il n'est pas nécessaire d'avoir le privilège pour pouvoir distiller en France. Ce droit n'est plus transmissible de père en fils.
L'origine de ce droit remonte à Napoléon et les derniers à le posséder sont souvent retraités et du milieu agricole. Plusieurs projets de suppressions du privilège ont été discutés à l'Assemblée Nationale, mais ce sujet est sensible et la décision a été reportée en 2012 (elle a déjà été reportée à de maintes reprises): Cependant la suppression du privilège n entraîne pas la fin de la distillation car chaque propriétaire pourra distiller ses fruits en payant des taxes.

Législation sur les alambics

En France, il est interdit de fabriquer, de posséder et d'utiliser un alambic sans autorisation préalable. Chaque alambic est enregistré auprès des douanes et droits indirects. Les alambics communaux sont également enregistrés et sont plombés hors période de distillation.

Qui peut distiller en France ?

En France les propriétaires de parcelles classées en verger et vignes sur le cadastre peuvent distiller le produit de leurs parcelles. Les propriétaires d'alpages ou de prés en altitudes peuvent distiller les racines de gentiane s'y trouvant.

La distillation doit se faire légalement dans un atelier public ou bien auprès d'un bouilleur de cru professionnel. Beaucoup de communes Comtoises possèdent un atelier de distillation, cependant il est possible de distiller dans une autre commune du canton, voir même du canton limitrophe. Il faut réserver l'alambic. Pour les néophytes, il est souhaitable d'être aidé lors du premier usage de l'alambic.
Il y a possibilité également d'avoir une procuration pour distiller. Je m'explique : votre voisin (ou votre oncle, collègue de travail) possède un verger. Vous récoltez les fruits et les faites fermenter (chez lui, au pire chez vous). Il fait la déclaration au douanes pour distiller et vous donne procuration pour accomplir la distillation (partie a remplir sur le doc). Il paie ensuite les taxes.
Donc vous avez distillé légalement. Ensuite rien n'empêche, que pour le travail accompli, votre voisin vous donne une partie de l'eau de vie, voir la totalité (le dédommager des taxes) mais la c'est un arrangement que chacun fera à sa libre volonté. Personnellement, c'est ce que je fais, puisque le verger appartient à ma mère. Elle me donne procuration. Tout est parfaitement légal.

Classement d'une parcelle en verger

Il faut être propriétaire d'un verger ou d'une vigne pour distiller. La nature du terrain doit être mentionnée sur le cadastre. Il y a possibilité de changer la nature du terrain en prenant contact avec le cadastre. Un formulaire est à remplir. Il ne vous reste qu'à planter des arbres fruitiers dessus. Vous aurez ensuite le plaisir de distiller et consommer votre eau de vie (avec modération).

Déclaration de distillation

Il faut obligatoirement effectuer une déclaration de distillation avant de distiller. Un document est à demander auprès des douanes ou à la mairie de votre lieu de résidence.
Sur ce document, il faut mentionner le numéro de parcelle où se trouve les arbres fruitiers, la commune de la parcelle et la commune où se fera la distillation, la nature des fruits à distiller et le volume (par exemple 100 kg de pruneaux, 180 litres de cidres), la date et les heures prévues de distillation (Du Lundi au samedi, sauf dimanche et jours fériés, de 06h00 à 19h00 du 1er octobre au 31 avril, c'est affiché en mairie). Il faut envoyer ce document aux douanes.
Les douanes retournent ensuite un document m'autorisant à distiller, à circuler avec l'alcool et les fruits le jour de la distillation. Sur ce document, on doit mentionner l'heure de début, l'heure de fin de chaque passe à l'alambic, les quantités mises dans l'alambic et le nombres de litres et le degré d'alcool produit.
Il n'y a pas de rendement imposé (sauf en Alsace Moselle ou le paiement des taxes est anticipé). Cette case est présente sur le document, mais le service des douanes ne le coche pas. Cependant, il faut être logique et ne pas déclarer avoir produit un seul litre d'eau de vie à 45° avec 100 kilos de fruits de qualité au départ. Cela est bien entendu trop flagrant.

Payement des taxes

- Les personnes ayant le privilège ne paient pas les mille premiers degrés (soit 20 litres d'eau de vie à 50°). Ils paient à partir du 1001ème degrés 14€50 par litre d'alcool pur. Ces personnes économisent jusqu'à 72,50€
- Les personnes qui n'ont pas le privilège paient les 1000 premiers degrés 7€25 le litre d'alcool pur. Puis à partir du 1001ème degrés 14€50 par litre d'alcool pur. Il y a un rabais de 10% en cas de paiement dans les trois jours après la distillation.
- Location de l'alambic : Chaque commune fixe un prix de location à la journée de l'alambic : cela prend en compte l'eau utilisée, l'électricité, l' entretien...

Contrôle des douanes

Les douanes peuvent contrôler à plusieurs niveaux :

- Vérification que la parcelle en question est bien inscrite au cadastre en verger, vignes. Vérification du propriétaire.
- Vérification sur le terrain que les fruits déclarés proviennent bien d'un arbre de la parcelle (si vous distillez des pruneaux, alors que votre verger ne possède pas de pruniers.....). Si vous devez abattre des arbres fruitiers, faites le après la distillation de leur fruit.
- Le jour de la distillation : les douanes vérifient la quantité et la nature des fruits mis en œuvre, la quantité d'eau de vie et le degré alcoolique obtenu. Ils vérifient également la bonne tenue de la feuille de déclaration (les heures de remplissage et de vidage de l'alambic sont a compléter avec la quantité d alcool produite)

Mon prix de revient

J'ai calculé approximativement le prix de revient d'un litre d'eau de vie que je produis (à 45°). J'inclus dans ce calcul la location de l'alambic communal, les taxes sur l'alcool, l'amortissement de mon matériel (tonneaux, bonbonnes, bouteilles...), le casse croûte, le bois de chauffage. Il est vrai que je ne compte pas mes heures passées, mais c'est pour le plaisir (il ne faut pas l'oublier).
Finalement, cela me revient à environ 10 à 12 € le litre d'eau de vie à 45°. C'est une somme, peut être, mais les prix pratiqués dans le commerce ne sont pas plus bas. Pour info, cela ne sert à rien de ne pas déclarer aux douanes un ou deux litres d'alcool, car le risque est bien élevée pour ce geste qui révèle plutôt de la radinerie mal placée
Cela à un coup, mais on agit dans la légalité, on peut en parler et goûter notre produit avec n'importe qui, on fait vivre et on maintient à la conservation d'un patrimoine qui tend à disparaître.

Notion de patrimoine rural à conserver

La distillation permet indirectement le maintien est la conservation des vergers, éléments trop souvent oublié du patrimoine rural. De nombreuses espèces de pommes, de poires, de cerises, de prunes... ont été élevées et ont des spécificités propres à notre région.
Il faut préserver également le savoir faire, autant dans la préparation des fruits que dans la conduite de la distillation.
A nous de maintenir ces traditions.
Gilbert PAINBLANC

 

  Tiré du site avec l'autorisation de son auteur: www.arcetsenans.com

Gilbert PAINBLANCa une autre passion: les cloches:

www.cloches.org


D'autres infornations:
Clic ici: alambic à louer dans le Doubs

Clic ici: l'art de la distillation:

 

Faire distiller ses fruits en Suisse: le mode d'emploi de la distillerie Beyeler d'Auvernier / Suisse

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Published by Jaquet Charrère - dans Distiller en France - Résumé de la loi
6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 15:00

Publié par 20minutes.ch, le 6 janvier 2013

Des paysans forcés de détruire les stocks?
 

Par Olivia Fuchs (20minutes.ch) - Avec la nouvelle loi sur l'alcool, la Confédération veut fiscaliser le schnaps produit par les agriculteurs. Ces derniers devront payer une taxe ou faire détruire leurs stocks existants.

Pas moins de 2,5 millions de litres d'eau-de-vie, produits par les paysans, sont stockés dans les caves suisses. Ce qui correspond à 1 million de litres d'alcool pur. Jusqu'à présent les spiritueux que l'agriculteur affectaient aux besoins exclusifs de son ménage et de son exploitation agricole étaient, en principe, exempts d'impôt.

La quantité maximale d'eau-de-vie admise annuellement en franchise d'impôt était calculée par exploitation et par les organes de la Régie fédérale des alcools (RFA) en fonction du nombre de personnes et des surfaces reconnues ainsi que du nombre d'arbres fruitiers.

La Confédération souhaite désormais mettre fin à cette situation. Dans le cadre de la nouvelle loi sur l'alcool, qui sera discutée cette année par les députés, les paysans devraient être amenés à payer une taxe sur leurs stocks de goutte. Ceux qui s'y opposent ont la possibilité de les faire détruire. «Nous voulons faire table rase», a expliqué à la «NZZ am Sonntag» le directeur de la RFA , Fritz Etter.

Concrètement, il est prévu que les personnes concernées paient 29 francs par litre d'alcool pur, soit le tarif standard en vigueur pour les producteurs professionnels. Les agriculteurs auront la possibilité de garder 50 litres de leur eau-de-vie gratuitement.

Ceux qui estiment que le prix est trop élevé, ont la possibilité de vendre leurs stocks à la RFA au barème du marché. Les coûts de cette action sont estimés à environ 3 millions de francs par Fritz Etter. Soit 2,8 millions de francs pour racheter l'alcool des agriculteurs et 200'000 francs pour la destruction des stocks. http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/Des-paysans-forces-de-detruire-les-stocks--15002418


Alambic à vendre près d'Yverdon/Suisse. Ambulant et typique pour la distillation de fruits du verger

http://www.anibis.ch/fr/vins%20-gastronomie-autres--861/distilleuse%20alambicprofessionelle%20pour%20distillerie--2894216.aspx?fts=alambic&sf=ftw&so=d&ualf=True&scid=0

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Published by Jaquet Charrère
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