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Révisé le 29 janvier 2010
Les Perrenoud, devenus Perrenod, puis... Pernod
L'envol et la chute des Pernod
à Couvet / Suisse et à Pontarlier / France
A la fin du XVIIIème siècle, une dame Henriette Henriod, vend à Couvet (Suisse) un élixir d'absinthe de sa
composition. La formule comporte quatre plantes, absinthe, anis vert, fenouil et hysope, infusées dans de l'eau-de-vie de vin. Sa consommation est alors recommandée par le docteur
Ordinaire, un médecin français réfugié après la Révolution française,en Suisse, à Couvet.
Afin de donner à la liqueur l'essor industriel qu'elle mérite, la mère Henriod aurait cédé sa formule au major Daniel-Henri Dubied, négociant en dentelles, qui fonde, en 1798, une distillerie à
Couvet sous la raison sociale Dubied père et fils.
Ignorant tout du métier de la distillation, il s'adjoint les compétences de Henri-Louis Perrenod (1776-1851), fils d'Abram-Louis Perrenoud, bouilleur de cru, dont le nom se transformera en
Perrenod.
1805, création de Pernod Fils
Fort du succès de cet élixir, Henri-Louis Perrenod crée sa propre fabrique d'absinthe.
Souhaitant étendre son activité en France et pour éviter les droits de douane, il installe, en 1804, une distillerie à Pontarlier (Doubs) sous le nom de Perrenod fils qui devient Pernod Fils en
1805.
Marié une première fois en 1797, Henri-Louis Perrenod, devenu veuf, se remarie en 1807 avec Emilie Dubied, la fille du major.
De sa première union naîtra Edouard Pernod, à l'origine des branches Gempp-Pernod et Legler-Pernod en plus de
la distillerie de Couvet confiée par son père en 1829.
Son fils Louis, né de son deuxième mariage, le seconde à celle de Pontarlier. Les territoires sont bien délimités :Edouard l'exporte aux Amériques quand Henri-Louis vend en France et dans les
colonies particulièrement depuis que l'armée française, partie conquérir l'Algérie, emporta dans ses bagages les bouteilles Pernod Fils
A la mort de Henri-Louis Pernod, le 8 décembre 1851, quatre ans après son fils Louis, Emilie reprend l'affaire, aidée de ses deux petits-fils, Fritz et Louis Alfred qui font faire de la
distillerie l'une des premières de France avec une production de 25 000 litres d'absinthe (à 72°) par jour en 1896 contre 16 litres en 1805.
La société se singularise par la création, en 1873, d'un fond de retraite alimenté par une participation aux bénéfices de l'entreprise et par la création d'un système d'assurance contre les accidents et la maladie.
Fritz, décédé en 1880, Louis Alfred reste seul aux commandes, soutenu par la banque Veil-Picard de Besançon à
qui il cède la société en 1888.
Avec ce nouvel actionnaire, la société affiche une grande prospérité au point de devenir, au début du XXème siècle l'une des premières marques d'apéritifs du monde.
La création de dépôts régionaux dans plusieurs villes de France permet une diffusion plus large sur tout le territoire.
Un grave incendie,
déclenché par un orage le 11 août 1901,
Sources et sites évoquant la famille Pernod
M-C DELAHAYE : Pernod, 200 ans d'entreprise. Musée de l'Absinthe-édition. Auvers-sur-Oise, 2005
http://www.musee-absinthe.com/biblio.htm
http://www.sngenealogie.ch/portail/
Louis Pernod, petits-fils d'Henri-Louis Pernod-Dubied (1776-1851), fondateur à Couvet de la
première distillerie industrielle d'absinthe en 1797, et fils de Louis Pernod-Liermann (1809-1847), Louis Alfred Pernod-Keppler est né à Couvet le 9 septembre 1836.
Bien que directeur avec son frère Fritz (1838-1880) de la grande distillerie Pernod fils de Pontarlier, il reste toute sa vie très attaché à son village natal dont il fait partie des autorités
pendant plus d'un demi-siècle, dont il dote généreusement l'hôpital ouvert en 1860 et dont il paie intégralement l'ancien asile pour femmes âgées, inauguré le 8 mars 1892 et situé
précisément au haut de la rue qui porte maintenant son nom. Il est à plusieurs reprises député du Val-de-Travers au Grand Conseil.
A la rue Edouard Dubied, il est le bâtisseur de la maison de maître du n°13. En 1888, il vend la distillerie pontissalienne aux banquiers Veil et Piccard de Besançon. Tout en demeurant le
directeur, fonction assumée ensuite par le Covasson Arthur Borel.
Louis Alfred meurt à Couvet [DuVallon: mort en fait à St-Aubin, mais enterré à Couvet le dimanche 23 octobre 1910), le 20 octobre 1910, treize jours après l'entrée en vigueur de la loi sur la
prohibition de l'absinthe en Suisse...
L'annonce de son décès dans le Courrier du Val-de-Travers/Fleurier le 22 octobre 1910, retrouvée et reproduite par Jacques Kaeslin, auteur d'un ouvrage sur l'absinthe. Voir ici: Enquête sur l'absinthe à Couvet
De son mariage, en 1861, avec Elisabeth Keppler, il eut sept enfants.
Il fut aussi mécène de l'Hospice des incurables de Perreux et constructeur, rue Saint-Nicolas n°7, à Neuchâtel, en 1892, de la fastueuse villa dite
Château bleu ou Château des pleurs. Un immeuble construit à Neuchâtel pour tenter de s'intégrer à la bonne société du chef-lieu cantonal qui boudera la grande soirée organisée
dans le somptueux château.
Pour les bourgeois de la ville entourée de vignes, le fabricant d'absinthe du Val-de-Travers avait une odeur de soufre...
Il
n'y a pas de concession éternelle dans les cimetières
Journal Le Matin 1.07.1999: Quark (informatique) a racheté le Château des
Pleurs, en fait Château Pernod, du nom de l'industriel de l'absinthe de la fin du XIXe siècle Louis-Alfred Pernod, qui le bâtit.
Son prix est estimé à 6 millions de francs. En vente depuis quatre ans, la splendide bâtisse avait notamment appartenu à l'ex-patron d'Ebel, l'horloger Pierre-Alain Blum qui l'avait restauré de
fond en comble après un violent incendie...
JJC - 15 mai 2009: Quark (connu pour son logiciel de mise en page Quark X-Press) annonce qu'elle cessera toute activité à Neuchâtel. Une trentaine d'emplois sont supprimés. En
2004, Quark avait renoncé à construire un bâtiment qui aurait dû occuper 300 personnes.
On ne sait pas si la société est toujours propriétaire du Château des Pleurs. Si c'est le cas, il porte bien son nom...
15.01.10 | 04:15 | L'Express/L'Impartial
NEUCHÂTEL
(...)En mai 2009, son dernier propriétaire, une société à responsabilité limitée (Sàrl) détenue par le patron de Quark Media House, a choisi de s'en séparer, Quark ayant décidé de quitter Neuchâtel où la société s'était implantée grâce à l'appui de la promotion économique.
«Nous avons failli vendre cette demeure en novembre dernier», indique Patrice Pasquier, sous-directeur de la succursale neuchâteloise de l'agence immobilière Naef et cie, spécialisée dans la gestion de maisons de maîtres. «Un Parisien, propriétaire d'une société de textile, était prêt à l'acquérir. Il avait déjà versé un important acompte. Son épouse était emballée par le style intérieur moderne de la maison. Il ne manquait que la signature de cet homme. Mais il a changé d'avis au dernier moment pour des raisons d'ordre privé.»
Et Patrice Pasquier de poursuivre: «A présent, c'est un Londonien, Suisse d'origine, qui s'y intéresse. Depuis l'été dernier, le sous-directeur de Naef a fait visiter les lieux à douze reprises. «Cette bâtisse éveille essentiellement l'intérêt d'étrangers.»
Avant d'être acquis par une entreprise américaine, le château Pernod - bâti pour un richissime Neuchâtelois (lire encadré) - a également été aux mains du Chaux-de-Fonnier Pierre-Alain Blum. Sous le charme, l'ancien patron d'Ebel a acquis la bâtisse en 1988.
Manque de chance, durant la rénovation des lieux, un court-circuit électrique avait provoqué un incendie. Comme la demeure abritait un magistral escalier de bois, l'intérieur fut totalement détruit. «Il ne restait que les quatre murs extérieurs», se souvient une connaissance de Pierre-Alain Blum. «Il a fallu deux ans pour tout reconstruire.»
Le propriétaire décida alors de changer complètement de style, optant pour un intérieur moderne, épuré. «Les Blum possédaient une impressionnante collection d'art-déco, dont de véritables Biedermeier», raconte leur connaissance. «Dans ce contexte sobre, c'était absolument magnifique!»
A un certain moment, la rumeur publique a laissé entendre que Pierre-Alain Blum avait acheté cette maison pour Isabelle Adjani. Ou du moins que l'actrice française y avait séjourné. «Propriétaire de plusieurs maisons et appartements à travers le monde, Pierre-Alain les prêtait volontiers à des stars», indique l'un de ses proches.
«Mais à ma connaissance, Isabelle Adjani, au contraire du tennisman Guy Forget, n'a jamais séjourné à Neuchâtel. Par contre, il est fort possible qu'elle ait été invitée ailleurs.» Une autre source confirme avoir mangé avec l'actrice à la Villa turque à La Chaux-de-Fonds.
Lors de sa déconfiture, vers la fin des années 1990, l'homme d'affaires chaux-de-fonnier a perdu la plupart de ses biens. Le château Pernod fut saisi par la banque avant que le patron de Quark ne l'acquière en 1999.
Il ne reste qu'à attendre de connaître le nom du futur propriétaire pour pouvoir écrire la suite de l'histoire de cette luxueuse demeure. /FLV
FLORENCE VEYA
Dernière mise à jour : 15.01.10 | 10:16
Richissime fabricant d'absinthe à Couvet, Louis Pernod (1836-1910) fit construire cette maison de maître et ses deux pavillons entre 1894 et 1895 par Ernest Prince et Jean Béguin. Deux architectes notamment à l'origine, à Neuchâtel, de l'Hôtel des Postes, de l'école de commerce, de l'hôpital des Cadolles ou encore de la gare de La Chaux-de-Fonds. Le natif du Val-de-Travers voulait une demeure inspirée des châteaux français.
Le château Pernod - dit aussi château bleu en raison de l'activité professionnelle de son propriétaire - est aussi nommé château des pleurs. Selon l'historien Jean-Pierre Jelmini, il existe plusieurs versions de la légende qui l'entoure et est à l'origine de cette appellation. A son sens, la plus authentique est la suivante.
Les Pernod ayant achevé leur maison, ils lancèrent une invitation à tout ce que Neuchâtel comptait alors de familles en vue. Mais les bourgeois de la ville n'avaient aucune estime pour les nouveaux riches et moins encore pour un fabricant d'absinthe. Aussi déclinèrent-ils tous l'invitation. L'épouse de Louis Pernod en conçut une telle tristesse que cette maison se vit attribuer le surnom de château des pleurs. D'autres légendes évoquent les multiples soucis rencontrés par les Pernod, parlent même d'un premier incendie (avant celui de 1988), voire d'un suicide.
A l'instar d'autres somptueuses demeures, le château des pleurs constitue, pour l'imaginaire, une intarissable source de scénarios. Si une personne connaissant fort bien la maison relève qu'«aucun propriétaire n'a fini ses jours dans ses murs», une autre, ayant très souvent fréquenté les lieux assure avec une once d'ironie: «Cette maison n'est en tout cas pas hantée. Je n'ai jamais rencontré le fantôme de Madame Pernod en sanglots». /flv