Absinthe: bientôt protégée
au Val-de-Travers ?
Une demande d'IGP (indication géographique protégée)
«Absinthe du Val-de-Travers» est sur la bonne voie.
Soutenue par les parlementaires du canton de Neuchâtel aux Chambre fédérales (Conseil national - Assemblée nationale en France) et Conseil des Etats (Sénat en en France) une demande d'IGP devrait être déposée cette année à Berne, siège de la Confédération pour reconnaître l'absinthe - et ses appellations Fée verte et Bleue - comme produit spécifique du Val-de-Travers.
«L'interprofession de l'absinthe du Val-de-Travers joue bien le jeu», évalue Laurent Favre, conseiller national, qui gère aussi l'Association des cultivateurs d'absinthe du Val-de-Travers, soit cinq paysans-cultivateurs.
«Après l'abandon de l'illégalité de la fée verte, il est important de maintenir et promouvoir une production et une distillation traditionnelles.», explique le politicien au journal l'Express de Neuchâtel du 25 avril 2009.
Qu'est-ce que cela signifie ?
En gros, si l'IGP est obtenue, seules les absinthes distillées au Val-de-Travers, avec des plants d'absinthe du Val-de-Travers, et mises en bouteilles au Val-de-Travers pourront porter la dénomination Absinthe (du Val-de-Travers) en Suisse.
"la Fée Verte sert l'absinthe sur la petite table".
On imagine que les distillateurs qui ne sont pas implantés au Val-de-Travers useront des voies de recours disponibles, Quoi qu'il en soit, on peut d'ores et déjà constater que seuls les plants de grande absinthe qui poussent au Val-de-Travers et dans la région de Pontarlier (Guy) donnent le goût sauvage de la plante d'absinthe.
Artemisia absinthium des herboristeries (provenant souvent de Pologne) n'a que de l'amer et pas le parfum de la thuyone. Il faut en mettre trois à quatre fois plus dans l'alambic que la grande du Val-de-Travers pour commencerà deviner le parfum de l'absinthe souvent masqué - en France - par un alcool de vin dominant qui est écoeurant couplé à l'anis et au fenouil.
La preuve: le Laboratoire cantonal de Neuchâtel, référence dans ce domaine, a analysé 80 absinthes vendues en Suisse. La plupart n'arrivaient même pas à 10 mg de thuyone par kilo. Il s'agissait de la majorité des cas des absinthes françaises (hormis Guy), des Tchèques, Italiennes, anglaises et même Suisses (hors Val-de-Travers).
Les absinthes du Val-de-Travers était les plus fortes en thuyone (pas toutes...). La DuVallon Veuve Verte, ancienne version à 53.5 % vol avait 33.5 mg de thuyone par kilo...
Bref rappel:
Appellation d'origine (art. 2)
Peut être enregistrée comme appellation d'origine le nom d'une région ou d'un lieu qui sert à désigner un produit agricole ou un produit agricole transformé :
- originaire de cette région ou de ce lieu ;
- dont la qualité ou les caractères sont dus essentiellement ou exclusivement au milieu géographique comprenant les facteurs naturels ou les facteurs humains ; et
- qui est produit, transformé et élaboré dans une aire géographique délimitée.
Indication géographique (art. 3)
Peut être enregistrée comme indication géographique le nom d'une région ou d'un lieu qui sert à désigner un produit agricole ou un produit agricole transformé :
- originaire de cette région ou de ce lieu ;
- dont une qualité déterminée, la réputation ou une autre caractéristique peut être attribuée à cette origine géographique ; et
- qui est produit, transformé ou élaboré dans une aire géographique délimitée.
Selon ces définitions, un produit doit être entièrement issu de sa zone d'origine pour pouvoir être protégé par une AOC, tandis que pour être protégé par une IGP un produit peut n'avoir qu'une seule phase de sa fabrication (transformation ou production de matière première) qui prend place dans la région qui lui donne son nom. Le lien au terroir est donc plus fort pour une AOC que pour une IGP.
L'article 17 de l'ordonnance (suisse) sur les AOC et les IGP précise que :
l'utilisation commerciale directe ou indirecte d'une dénomination protégée est interdite :
a- pour tout produit comparable non conforme au cahier des charges ;
b- pour tout produit non comparable si cette utilisation exploite la réputation de la dénomination protégée.
Organismes de certification
La responsabilité des contrôles est confiée à des organismes de certification neutres et indépendants choisis par les groupements demandeurs. Ces organismes de certification doivent se conformer à la norme européenne EN 45011, qui s'insère dans la série des normes ISO mises en place par les pays de l'Union Européenne, la Suisse, la Norvège et l'Islande. Les organismes de certification sont accrédités en Suisse par l'Office fédéral de métrologie et d'accréditation (METAS), sur des critères d'indépendance, d'impartialité et de compétence.
Source: http://www.aoc-igp.ch/produits.php?prod=27