DuVallon,
tradition familiale depuis 1951
C'est en 1951 que mon père Roger Zurbuchen, né aux Bayards en 1910, a commencé de distiller clandestinement à Fleurier / Val-de-Travers. Aux Bayards, sa tante, Bertha Zurbuchen, dite « la Malotte », distillait depuis longtemps.
M. Matthey-Claudet, ferblantier à Môtiers, avait fabriqué l'alambic de mon père en lui expliquant l'art de la distillation. La famille élabora une recette qui donnait une absinthe bien blanche, avec une touche d'amertume pas trop forte de la grande absinthe, le tout aromatisé par quelques autres herbes soigneusement dosées.
Alambic de Georges Matthey-Claudet, très fréquent au Val-de-Travers du temps de la prohibiton.
C'est dans une "cafetière" indentique que mes parents distillaient une vingtaine de litres d'absinthe à 74-75 % vol. par "cuite".
Ensuite, c'est ma mère, Marta Charrère qui s'occupa de la distillation, de la mise en bouteille et des livraisons aux clients.
La distillation dura pendant plus de 40 ans, clandestinement, mais avec trois interventions des inspecteurs de la Régie fédérale des Alcools et des procès pour
Infraction à la Loi fédérale (suisse) sur l'absinthe...
Le 1er mars 2005, mes parents étaient déjà morts quand l'absinthe fut libéralisée. En novembre 2005, nous avons pu recommencer la distillation, mais légalement cette fois-ci. La Régie fédérale des alcools nous a même attribué un numéro de producteur (No 121859).
Nous utilisons de vieux plants d'absinthe plantés dans un jardin de Fleurier et des herbes cultivées au Val-de-Travers.
Si la recette familiale a évolué, l'absinthe reste fidèle à la tradition: forte en bouche, douce sur la langue.